TrilateralArchitecte à La Baule-Escoublac
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Rénover ou agrandir une villa balnéaire à La Baule

Castel, chalet, villa en « L », néo-basque ou paquebot : à La Baule, la villa a son vocabulaire, et le PVAP en fait une règle, plus stricte pour les villas protégées.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Villa aux toits d'ardoise très pentus et aux pans de bois rouges, avec une tour carrée en moellons coiffée d'une flèche à épi, derrière une haie et un muret surmonté d'un grillage, sous un grand pin.
La villa Symbole, construite en 1881 dans le lotissement Hennecart sur les plans de l'architecte Georges Lafont.[1]Photo Tangopaso, domaine public, Wikimedia Commons
La réponse courte

Dans le site patrimonial remarquable, la première question est la protection de votre villa, qui se lit sur le plan du PVAP. Une villa protégée ne peut être ni démolie ni surélevée, et ses façades, toitures et menuiseries se restaurent selon leurs dispositions d'origine ; une villa non protégée peut évoluer, mais son style doit être préservé.[2] Dans les deux cas, les menuiseries en PVC sont interdites et chaque modification extérieure demande l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[2][3]

2 306Villas recensées par l'Inventaire général à La Baule-Escoublac
PVCInterdit pour les menuiseries, les volets et les clôtures
1/3De la longueur et de la largeur de la façade : maximum d'une véranda
0,80 × 1 mTaille maximale d'un châssis de toit

Les villas de La Baule

L'Inventaire général des Pays de la Loire a étudié la villégiature bauloise : « Le repérage (quasi exhaustif jusqu'en 1939) porte au total sur 2306 villas construites (2108 repérées, 198 sélectionnées). »[4] La station s'est construite par lotissements successifs ; l'Inventaire cite les lotissements Benoît, Pavie, Darlu, Hennecart, de La Baule-les-Pins, « nouvellement inaugurée en juillet 1923 », et des Dunes d'Escoublac.[4] L'architecte de la station, Georges Lafont, y a construit en 1881 la villa Symbole, face à l'ancienne gare.[4][1]

Le PVAP classe ces maisons par typologie — villas de type « castel », chalets, villas en « L » et faux « L », villas régionalistes, villas modernes, immeubles isolés ou en front continu, blockhaus — et par courant architectural : néo-gothique, anglo-normand, néo-breton, basco-landais, néo-provençal, néo-colonial, Art déco, Art nouveau, paquebot, géométrique (p. 13-14).[2] Le style « paquebot » a été inventé au début des années 1930 par l'architecte Adrien Grave, d'après l'Inventaire.[4]

Une villa protégée : restaurer plutôt que transformer

Sur le plan, l'aplat gris foncé désigne les immeubles « dont les parties extérieures sont protégées (façades, toitures, etc. y compris le second œuvre) ». « L'essentiel est composé d'œuvres d'architectes » (p. 22, 27).[2]

  • Interdits : la démolition, les transformations qui altèrent la composition d'origine, « la surélévation des immeubles ou la modification d'aspect des combles », la suppression des bandeaux, frises, balcons, épis, lucarnes et souches, et l'ajout d'équipements techniques ou de câbles en façade, sauf restitution d'un état d'origine (p. 27).[2]
  • Menuiseries : seules les menuiseries « en matériaux d'origine » sont autorisées, en bois sauf construction conçue dès l'origine pour le métal ; elles sont posées dans la feuillure après dépose des anciens dormants ; « le noir pur et le blanc pur sont proscrits » ; le PVC est interdit (p. 30).[2]
  • Volets : en bois ou en métal, peints ; volets roulants intégrés à l'intérieur, sans coffre apparent (p. 31).[2]
  • Vérandas et balcons : la modification d'une véranda n'est accordée que pour retrouver les volumes d'origine ; la fermeture des balcons est interdite (p. 31).[2]
  • Toiture : volumes inchangés, matériau d'origine, accessoires (épis, faîtières, girouettes…) restaurés à l'identique ; seuls des châssis imitant la tabatière à l'ancienne, de 0,80 × 1,00 m au plus, dans la moitié inférieure du rampant (p. 32).[2]
  • Couleurs : façades enduites « blanche, blanc cassé, vieux rose, ton brique » ; les tons vert pâle, gris vert, jaune d'or, gris bleuté, rouge basque, vieux rouge sont réservés aux menuiseries, pans de bois et charpentes (p. 33).[2]

Lors d'une opération d'ensemble, la suppression des éléments superflus — vérandas, auvents, volets roulants, câbles — et la restitution de l'état d'origine peuvent être demandées (p. 27).[2]

Une villa non protégée : faire évoluer en gardant le style

Un immeuble non protégé « peut être conservé, amélioré, démoli ou remplacé ». S'il est maintenu et modifié, « son style doit être préservé » ; s'il est remplacé, la nouvelle construction s'inscrit dans la silhouette des villas voisines, en toitures en pente, ou en toiture-terrasse pour une villa de style moderne ou contemporain (p. 24, 35).[2]

Villa non protégée : les règles du PVAP les plus souvent appliquées
ÉlémentRèglePage
MenuiseriesBois peint, sans noir ni blanc purs ; PVC interdit ; traitement homogène de la façade, qui peut être exigé en cas de travaux partiels37
VoletsBois ou métal peint ; PVC interdit ; volet roulant intégré à l'intérieur, sans coffre apparent38
VérandaLongueur et largeur au plus égales au tiers de celles de la façade ; de préférence sur une façade non visible de l'espace public38
Châssis de toitEn nombre limité, peu visibles de l'espace public, plus hauts que larges, 0,80 × 1,00 m au plus, un seul niveau dans la moitié inférieure du rampant39
BardageBois peint à lames verticales ou métal thermolaqué sur de petites surfaces ; tôle ondulée proscrite37
BalconsSur modèles anciens ; ils ne doivent pas être fermés39
CouleursComme pour la villa protégée : blanc, blanc cassé, vieux rose, ton brique40

(règlement du PVAP, p. 35 à 40, vérifié le 28 octobre 2026)

Agrandir ou surélever une villa

Le PVAP traite les extensions avec les constructions neuves. Elles prennent la forme d'une architecture contemporaine bien intégrée ou reprennent la typologie de la villa, « le plus grand soin » étant porté à la jonction des volumes (p. 42).[2]

  • Villa protégée. L'extension respecte la verticalité des villas en « L », la symétrie d'une façade composée, la silhouette des villas néo-bretonnes ou néo-basques. Quand l'édifice est cohérent sur ses quatre façades, l'extension peut être interdite : c'est la « notion d'objet fini ». La surélévation est interdite, sauf restitution d'un état antérieur (p. 42-43).[2]
  • Villa non protégée. La surélévation est possible si elle s'intègre aux proportions du bâtiment, reprend ses matériaux et le rythme de ses ouvertures (p. 43).[2]
  • Jardin d'hiver, verrière. En verre et métal, aux profils des modèles anciens, dans le tiers de la longueur et de la largeur de la façade, de préférence côté jardin (p. 42-43).[2]

Les règles de surface — emprise au sol, pleine terre, bande constructible — sont celles du PLU : voir le guide de la pinède.[5]

Isolation, panneaux solaires, pompe à chaleur

Équipements et énergie dans le SPR
ÉquipementVilla protégéeVilla non protégée ou construction neuve
Panneaux solairesInterdits en façade et en toiture, et au sol dans les espaces visibles de l'espace public ; tuiles et ardoises solaires interditesAdmis sur les couvertures non visibles de l'espace public, intégrés à la composition ; pose en façade interdite
Isolation par l'extérieurInterdite, sauf façades arrière ou latérales sans modénature, avec le même aspect que la façade principaleAdmise en projet d'ensemble : enduit, ou bardage bois vertical sur un tiers de la façade au plus ; 15 cm de débord de toit préservés
Pompe à chaleurNon visible de l'espace public, intégrée au bâti ou à une annexe, sauf impossibilité techniqueMême règle
ClimatiseurPas de saillie en façade, sur balcon ou appui ; en toiture, derrière un coffre ajouré, s'il est autoriséMême règle
Éolienne domestiqueInterditeInterdite

(règlement du PVAP, p. 67 à 69, vérifié le 28 octobre 2026) L'Architecte des Bâtiments de France tient compte des objectifs nationaux d'énergies renouvelables et de rénovation énergétique.[2][3]

Cas types et prix du dossier

  • Cas type : remplacer les fenêtres d'une villa non protégée, en bois peint, au dessin d'origine : déclaration préalable, 900 €.
  • Cas type : ravaler et repeindre une villa protégée d'après ses dispositions d'origine : déclaration préalable, 900 € ; 1 600 € si les façades sont à concevoir.
  • Cas type : jardin d'hiver de 15 m² sur une villa non protégée en UD - SPR : déclaration préalable, 900 €.
Ce que nous vérifions d'abord

La protection de la villa sur le plan du PVAP, son sous-secteur de hauteur, les espaces libres protégés du terrain et les arbres : ce sont eux qui disent si le projet est possible, avant toute question de surface.[2][6]

Questions fréquentes

Peut-on poser des fenêtres en aluminium sur une villa ?

Sur une villa protégée, seules les menuiseries en matériaux d'origine sont admises, en bois sauf conception d'origine en métal. Pour une construction neuve du quartier des villas, l'aluminium de couleur naturelle et le PVC sont interdits.[2]

Peut-on fermer un balcon ou une loggia ?

Non : la fermeture des balcons est interdite sur le bâti protégé comme sur le bâti non protégé, et celle des balcons et loggias dans les séquences architecturales et sur le front de mer.[2]

Ma villa n'est pas protégée : l'ABF intervient-il quand même ?

Oui. Dans le SPR, tous les travaux qui modifient l'extérieur sont soumis à son accord, que l'immeuble soit protégé ou non ; seules les règles appliquées diffèrent.[7][3][2]

Voir aussi

Sources consultées (7)

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Gratuit et sans engagement.