
Dans le site patrimonial remarquable, la première question est la protection de votre villa, qui se lit sur le plan du PVAP. Une villa protégée ne peut être ni démolie ni surélevée, et ses façades, toitures et menuiseries se restaurent selon leurs dispositions d'origine ; une villa non protégée peut évoluer, mais son style doit être préservé.[2] Dans les deux cas, les menuiseries en PVC sont interdites et chaque modification extérieure demande l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.[2][3]
Les villas de La Baule
L'Inventaire général des Pays de la Loire a étudié la villégiature bauloise : « Le repérage (quasi exhaustif jusqu'en 1939) porte au total sur 2306 villas construites (2108 repérées, 198 sélectionnées). »[4] La station s'est construite par lotissements successifs ; l'Inventaire cite les lotissements Benoît, Pavie, Darlu, Hennecart, de La Baule-les-Pins, « nouvellement inaugurée en juillet 1923 », et des Dunes d'Escoublac.[4] L'architecte de la station, Georges Lafont, y a construit en 1881 la villa Symbole, face à l'ancienne gare.[4][1]
Le PVAP classe ces maisons par typologie — villas de type « castel », chalets, villas en « L » et faux « L », villas régionalistes, villas modernes, immeubles isolés ou en front continu, blockhaus — et par courant architectural : néo-gothique, anglo-normand, néo-breton, basco-landais, néo-provençal, néo-colonial, Art déco, Art nouveau, paquebot, géométrique (p. 13-14).[2] Le style « paquebot » a été inventé au début des années 1930 par l'architecte Adrien Grave, d'après l'Inventaire.[4]
Une villa protégée : restaurer plutôt que transformer
Sur le plan, l'aplat gris foncé désigne les immeubles « dont les parties extérieures sont protégées (façades, toitures, etc. y compris le second œuvre) ». « L'essentiel est composé d'œuvres d'architectes » (p. 22, 27).[2]
- Interdits : la démolition, les transformations qui altèrent la composition d'origine, « la surélévation des immeubles ou la modification d'aspect des combles », la suppression des bandeaux, frises, balcons, épis, lucarnes et souches, et l'ajout d'équipements techniques ou de câbles en façade, sauf restitution d'un état d'origine (p. 27).[2]
- Menuiseries : seules les menuiseries « en matériaux d'origine » sont autorisées, en bois sauf construction conçue dès l'origine pour le métal ; elles sont posées dans la feuillure après dépose des anciens dormants ; « le noir pur et le blanc pur sont proscrits » ; le PVC est interdit (p. 30).[2]
- Volets : en bois ou en métal, peints ; volets roulants intégrés à l'intérieur, sans coffre apparent (p. 31).[2]
- Vérandas et balcons : la modification d'une véranda n'est accordée que pour retrouver les volumes d'origine ; la fermeture des balcons est interdite (p. 31).[2]
- Toiture : volumes inchangés, matériau d'origine, accessoires (épis, faîtières, girouettes…) restaurés à l'identique ; seuls des châssis imitant la tabatière à l'ancienne, de 0,80 × 1,00 m au plus, dans la moitié inférieure du rampant (p. 32).[2]
- Couleurs : façades enduites « blanche, blanc cassé, vieux rose, ton brique » ; les tons vert pâle, gris vert, jaune d'or, gris bleuté, rouge basque, vieux rouge sont réservés aux menuiseries, pans de bois et charpentes (p. 33).[2]
Lors d'une opération d'ensemble, la suppression des éléments superflus — vérandas, auvents, volets roulants, câbles — et la restitution de l'état d'origine peuvent être demandées (p. 27).[2]
Une villa non protégée : faire évoluer en gardant le style
Un immeuble non protégé « peut être conservé, amélioré, démoli ou remplacé ». S'il est maintenu et modifié, « son style doit être préservé » ; s'il est remplacé, la nouvelle construction s'inscrit dans la silhouette des villas voisines, en toitures en pente, ou en toiture-terrasse pour une villa de style moderne ou contemporain (p. 24, 35).[2]
| Élément | Règle | Page |
|---|---|---|
| Menuiseries | Bois peint, sans noir ni blanc purs ; PVC interdit ; traitement homogène de la façade, qui peut être exigé en cas de travaux partiels | 37 |
| Volets | Bois ou métal peint ; PVC interdit ; volet roulant intégré à l'intérieur, sans coffre apparent | 38 |
| Véranda | Longueur et largeur au plus égales au tiers de celles de la façade ; de préférence sur une façade non visible de l'espace public | 38 |
| Châssis de toit | En nombre limité, peu visibles de l'espace public, plus hauts que larges, 0,80 × 1,00 m au plus, un seul niveau dans la moitié inférieure du rampant | 39 |
| Bardage | Bois peint à lames verticales ou métal thermolaqué sur de petites surfaces ; tôle ondulée proscrite | 37 |
| Balcons | Sur modèles anciens ; ils ne doivent pas être fermés | 39 |
| Couleurs | Comme pour la villa protégée : blanc, blanc cassé, vieux rose, ton brique | 40 |
(règlement du PVAP, p. 35 à 40, vérifié le 28 octobre 2026)
Agrandir ou surélever une villa
Le PVAP traite les extensions avec les constructions neuves. Elles prennent la forme d'une architecture contemporaine bien intégrée ou reprennent la typologie de la villa, « le plus grand soin » étant porté à la jonction des volumes (p. 42).[2]
- Villa protégée. L'extension respecte la verticalité des villas en « L », la symétrie d'une façade composée, la silhouette des villas néo-bretonnes ou néo-basques. Quand l'édifice est cohérent sur ses quatre façades, l'extension peut être interdite : c'est la « notion d'objet fini ». La surélévation est interdite, sauf restitution d'un état antérieur (p. 42-43).[2]
- Villa non protégée. La surélévation est possible si elle s'intègre aux proportions du bâtiment, reprend ses matériaux et le rythme de ses ouvertures (p. 43).[2]
- Jardin d'hiver, verrière. En verre et métal, aux profils des modèles anciens, dans le tiers de la longueur et de la largeur de la façade, de préférence côté jardin (p. 42-43).[2]
Les règles de surface — emprise au sol, pleine terre, bande constructible — sont celles du PLU : voir le guide de la pinède.[5]
Isolation, panneaux solaires, pompe à chaleur
| Équipement | Villa protégée | Villa non protégée ou construction neuve |
|---|---|---|
| Panneaux solaires | Interdits en façade et en toiture, et au sol dans les espaces visibles de l'espace public ; tuiles et ardoises solaires interdites | Admis sur les couvertures non visibles de l'espace public, intégrés à la composition ; pose en façade interdite |
| Isolation par l'extérieur | Interdite, sauf façades arrière ou latérales sans modénature, avec le même aspect que la façade principale | Admise en projet d'ensemble : enduit, ou bardage bois vertical sur un tiers de la façade au plus ; 15 cm de débord de toit préservés |
| Pompe à chaleur | Non visible de l'espace public, intégrée au bâti ou à une annexe, sauf impossibilité technique | Même règle |
| Climatiseur | Pas de saillie en façade, sur balcon ou appui ; en toiture, derrière un coffre ajouré, s'il est autorisé | Même règle |
| Éolienne domestique | Interdite | Interdite |
(règlement du PVAP, p. 67 à 69, vérifié le 28 octobre 2026) L'Architecte des Bâtiments de France tient compte des objectifs nationaux d'énergies renouvelables et de rénovation énergétique.[2][3]
Cas types et prix du dossier
- Cas type : remplacer les fenêtres d'une villa non protégée, en bois peint, au dessin d'origine : déclaration préalable, 900 €.
- Cas type : ravaler et repeindre une villa protégée d'après ses dispositions d'origine : déclaration préalable, 900 € ; 1 600 € si les façades sont à concevoir.
- Cas type : jardin d'hiver de 15 m² sur une villa non protégée en UD - SPR : déclaration préalable, 900 €.
Questions fréquentes
Peut-on poser des fenêtres en aluminium sur une villa ?
Sur une villa protégée, seules les menuiseries en matériaux d'origine sont admises, en bois sauf conception d'origine en métal. Pour une construction neuve du quartier des villas, l'aluminium de couleur naturelle et le PVC sont interdits.[2]
Peut-on fermer un balcon ou une loggia ?
Non : la fermeture des balcons est interdite sur le bâti protégé comme sur le bâti non protégé, et celle des balcons et loggias dans les séquences architecturales et sur le front de mer.[2]
Voir aussi

Site patrimonial remarquable (PVAP)
391 ha, trois secteurs, l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France : ce que le PVAP révisé change pour vos travaux.

Fenêtres, façade et toiture
Dans le SPR, même un ravalement à l'identique se déclare ; PVC interdit, châssis de toit de 0,80 × 1,00 m : les règles de La Baule.

Véranda et jardin d'hiver
Un tiers de la façade au plus, verre et métal, plutôt côté jardin : la véranda dans le site patrimonial remarquable de La Baule.

Maison dans la pinède (zone UD)
35 % d'emprise, 65 % de pleine terre, une bande constructible de 20 m et des arbres à garder : les règles de la zone UD.
Sources consultées (7)
- [1]Région Pays de la Loire, Inventaire général, dossier IA44000610 « Maison dite villa balnéaire Symbole » (lotissement Hennecart ; 1881 ; Georges Lafont, architecte). gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/pdf/7ff19251-65e6-4363-934b-b27c0875…. Consulté le 28 octobre 2026.
- [2]Site patrimonial remarquable de La Baule-Escoublac, règlement du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine (PVAP), « vu pour être annexé à la délibération du conseil municipal du 19 décembre 2025 » (pages du PDF citées), révision approuvée le 19 décembre 2025, annexée au PLU le 15 janvier 2026. data.geopf.fr/annexes/gpu/documents/DU_44055/f89a964c3fa34d70f4a1d3cd4…. Consulté le 28 octobre 2026.
- [3]Code du patrimoine, article L632-2, version en vigueur depuis le 12 mars 2023. legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047303113. Consulté le 28 octobre 2026.
- [4]Région Pays de la Loire, Inventaire général, dossier IA44000832 « Maisons dites villas balnéaires et immeubles à logements de la commune de La Baule-Escoublac » (A. Charles, R. Durandière ; enquête 1990, rédaction 1998). gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/pdf/e18b58a7-1dc1-40d2-bf57-a04520f8…. Consulté le 28 octobre 2026.
- [5]PLU de La Baule-Escoublac, règlement écrit (pièce n° 4.3), pages du fichier PDF citées entre parenthèses, modification n° 3 approuvée le 28 juillet 2023, dossier du 15 janvier 2026. data.geopf.fr/annexes/gpu/documents/DU_44055/f89a964c3fa34d70f4a1d3cd4…. Consulté le 28 octobre 2026.
- [6]PVAP de La Baule-Escoublac, plans réglementaires et plans des typologies (secteurs ouest, centre et est), annexés au PLU, révision du 19 décembre 2025. data.geopf.fr/annexes/gpu/documents/DU_44055/f89a964c3fa34d70f4a1d3cd4…. Consulté le 28 octobre 2026.
- [7]Code du patrimoine, article L632-1, version en vigueur depuis le 9 juillet 2016. legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032858258. Consulté le 28 octobre 2026.
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