TrilateralArchitecte à La Baule-Escoublac
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Travaux dans le site patrimonial remarquable de La Baule

Le quartier des villas, le front de mer et les Roches Rouges : 391 ha où chaque modification extérieure passe par l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Plan ancien de la station : la ville en bande le long de la courbe de la plage, quadrillée d'avenues et de parcelles numérotées, avec deux vignettes photographiques en haut.
« La Baule-sur-Mer, station balnéaire et hivernale » : plan détaillé de 1914 où chaque villa est située, par le docteur Charles Bidan.Photo Charles Bidan (Bibliothèque nationale de France), domaine public, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Le centre de La Baule, du quartier Benoît à La Baule-les-Pins, est un site patrimonial remarquable (SPR) régi par un plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine (PVAP), révisé le 19 décembre 2025 et annexé au PLU le 15 janvier 2026.[1][2] Dans son périmètre, tous les travaux qui modifient l'extérieur d'un bâtiment, une clôture, un jardin ou un arbre sont soumis à autorisation, et cette autorisation est « subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France ».[3][4][5] L'instruction dure un mois de plus qu'ailleurs.[6]

391 haPérimètre du SPR, inchangé depuis l'AVAP de 2013
6 871Constructions dans le périmètre, au rapport d'enquête de 2025
+1 moisDélai d'instruction majoré dans le SPR
2 moisDélai de l'ABF pour un permis, 1 mois pour une déclaration

Le SPR de La Baule et son PVAP

La protection a commencé en 2006 avec une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), transformée en aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP), approuvée le 22 février 2013.[7] Devenue site patrimonial remarquable, elle a été révisée en plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine : révision prescrite le 8 juin 2018, enquête publique du 23 juin au 25 juillet 2025, accord du préfet du 26 novembre 2025, approbation à l'unanimité du conseil municipal le 19 décembre 2025.[3][1][7] Le PVAP a « le caractère de servitude d'utilité publique » ; il est annexé au PLU par l'arrêté du maire du 15 janvier 2026.[1][2]

« Le périmètre du PVAP couvre 391 ha et demeure inchangé par rapport à celui de l'AVAP. » Il regroupe 6 871 constructions et le rapport d'enquête y compte 70 000 arbres au titre du patrimoine paysager.[7] D'après notre calcul sur la servitude publiée par le Géoportail de l'urbanisme, il couvre environ 15 % de la commune.[8]

Les trois secteurs réglementaires du PVAP
SecteurCe qu'il recouvreHauteur des constructions neuves
1 — Quartier des villasLes lotissements qui ont fondé La Baule, en majorité des villas ; six sous-secteurs : la gare et les avenues de Lattre et Lajarrige (1-1), l'avenue du Général-de-Gaulle (1-2), l'avenue du Bois-d'Amour et l'est de La Baule-les-Pins (1-3), le quai des Salinières à l'ouest du quartier Benoît (1-4), les équipements sportifs (1-5), la place du 18-Juin-1945 (1-6)7 m à l'égout et R+1+combles, ou 10 m à l'acrotère ; règles propres à chaque sous-secteur
2 — Front de merLe développement de La Baule sur le front de mer « à partir des années 1950 »Hauteur portée au plan dans la bande de 15 m ; sans hauteur au plan, aucune surélévation
3 — Les Roches RougesUn secteur de la zone dunaire destiné à un équipement touristique structurantR+6 + attique au plus

(règlement du PVAP, p. 8, 46 à 48, 55 et 58, vérifié le 28 octobre 2026)

Dans le PLU, les parties du SPR forment des secteurs indicés « SPR » (UD - SPR, UAc - SPR…) : « les prescriptions architecturales, les hauteurs et les obligations de plantations sont gérées directement par le règlement du SPR » (p. 7).[9] Les plans réglementaires du PVAP sont découpés en trois quartiers : Benoît, Centre et La Baule-les-Pins.[10][11]

Carte postale ancienne : la plage en courbe, des rangées de cabines sur le sable et la dune, le boulevard et les villas à droite.
La plage vers Le Pouliguen et ses cabines, entre la dune et le boulevard (carte postale ancienne).Carte postale, éditions Lévy et Neurdein réunis (marque LL), domaine public, recadrée, Wikimedia Commons

Ce que le plan protège, immeuble par immeuble

En plus des règles de secteur, le plan réglementaire distingue chaque immeuble et chaque espace libre. La protection d'un bâtiment ne se devine pas à son aspect : elle se lit sur le plan, à la parcelle.[3][11]

Légende du plan réglementaire du PVAP et effet sur les travaux
Ce qui figure au planCe que cela veut dire pour vos travaux
Immeuble bâti dont les parties extérieures sont protégées (aplat gris foncé)Façades, toitures et second œuvre protégés : démolition, surélévation et modification des combles interdites, sauf restitution d'un état d'origine (p. 22, 27)
Immeuble bâti non protégé (gris clair)Il peut être « conservé, amélioré, démoli ou remplacé », dans le respect des règles de qualité architecturale (p. 24, 35)
Mur de clôture, de soutènement (ligne grise)Ni supprimé ni modifié, sauf pour retrouver ses dispositions d'origine (p. 22, 33)
Élément extérieur particulier (étoile), dont les ouvrages du mur de l'AtlantiqueÀ maintenir ; un blockhaus isolé ne reçoit aucune construction accolée (p. 28)
Séquence ou ordonnance architecturale (liseré)La construction nouvelle s'inscrit dans la continuité de la séquence (p. 22, 44)
Parc ou jardin de pleine terreAucune construction, aucun parking, aucun terrassement sous 20 cm (p. 23, 77)
Espace libre à dominante végétalePas de construction neuve, de parking de surface, de carport ni de pergola ; piscine admise hors jardin de devant, dans 25 % de l'espace (p. 23, 75)
Arbre remarquablePas d'abattage, sauf force majeure démontrée par une expertise ; remplacement par un sujet équivalent (p. 23)
Point de vue ou perspective vers la merRien qui obstrue de manière significative la vue sur l'océan depuis les axes de la ville (p. 24, 91)

(règlement du PVAP, p. 22 à 24, 27 à 35, 44, 75, 77 et 91, vérifié le 28 octobre 2026)

Avant tout projet

Le règlement donne lui-même la méthode : identifier sur le plan le secteur et la protection de l'immeuble, puis lire le chapitre correspondant — bâti protégé, bâti non protégé, constructions neuves et extensions, commerces, installations techniques, espaces libres — et, dans le rapport de présentation, la typologie de la villa (castel, chalet, villa en « L », régionaliste, moderne…).[3] C'est la première étape de notre étude.

Quels travaux demandent une autorisation

Le règlement soumet à autorisation préalable « une modification de l'aspect extérieur des immeubles bâtis et espaces libres », « une modification du paysage végétal (abattage, élagages d'arbres de haute tige, suppression de haie, etc.) » et la requalification des espaces publics (p. 10).[3] Selon les travaux, cette autorisation prend deux formes :

  • Une autorisation d'urbanisme : déclaration préalable, permis de construire, d'aménager ou de démolir. Dans le SPR, le ravalement et l'édification d'une clôture demandent une déclaration préalable, et toute démolition un permis de démolir.[12][13][14] Ce permis « s'étend à tous les types d'ouvrages », porches, murs de clôture et de soutènement compris (p. 10).[3]
  • Une autorisation spéciale au titre du code du patrimoine, pour les travaux qui ne relèvent d'aucune autorisation d'urbanisme mais modifient l'extérieur d'un immeuble ou d'un espace libre ; elle a son propre formulaire.[3][4][15]

Les arbres sont un cas à part : dans le SPR, « l'ensemble des arbres présents dans l'emprise du SPR est concerné quelle que soit leur espèce », et « toute intervention sur les arbres doit faire l'objet d'une demande d'autorisation », jusqu'à l'élagage et l'enlèvement du bois mort (p. 72-73).[3] Le guide des arbres détaille ces règles.

L'accord de l'Architecte des Bâtiments de France

Dans un site patrimonial remarquable, l'autorisation est « subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ». Ce dernier s'assure notamment du respect des règles du PVAP.[5] Le permis ou la décision sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation du code du patrimoine si l'ABF a donné son accord.[16] Son pouvoir d'appréciation « s'exerce désormais en référence aux prescriptions réglementaires du PVAP » (p. 10).[3]

  • Délais de l'ABF. « Celui-ci dispose d'un mois pour une déclaration préalable et deux mois pour un permis de construire et permis d'aménager » (p. 10).[3][17] En cas de silence, son accord est réputé donné.[5]
  • Délai d'instruction. Il est majoré d'un mois lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable : 2 mois pour une déclaration préalable, 3 mois pour le permis d'une maison individuelle.[6][18]
  • Silence de la mairie. Pour un permis, le défaut de décision vaut refus quand l'ABF a notifié un avis défavorable ou un avis favorable assorti de prescriptions. Pour une déclaration préalable, le silence vaut non-opposition, même dans le SPR.[19][20]
  • Adaptations mineures. Le règlement en prévoit pour de nombreuses règles ; l'accord de l'ABF est alors « spécialement motivé sur ce point », et la commission locale du site patrimonial remarquable peut être consultée (p. 8, 10).[3]

En cas de refus. Le demandeur peut saisir le préfet dans les 2 mois qui suivent la notification de l'opposition ou du refus fondé sur un refus d'accord de l'ABF, par lettre recommandée, et demander un médiateur ; sans réponse du préfet dans les 2 mois, la décision est confirmée.[21][5]

Monuments historiques et abords

Le règlement du PVAP indique que « la commune de La Baule-Escoublac ne compte aucun monument historique », mais que son territoire est couvert par les abords de trois monuments des communes voisines (p. 11).[3][22] La base Mérimée rattache pourtant à La Baule-Escoublac une notice : le phare de la Banche, construit de 1862 à 1865 sur le domaine public maritime, inscrit le 2 décembre 2011.[23] Il se trouve en mer, à une dizaine de kilomètres de la côte d'après ses coordonnées : ses abords ne touchent aucun terrain construit.

MonumentCommuneProtectionAbords dans la commune, hors SPR
Menhir à cupulesSaint-André-des-EauxClassé (1889)37,8 ha
Croix (15e siècle)Saint-André-des-EauxInscrite (arrêté du 18 août 1944)8,4 ha
Villa Ker Souveraine, dite aussi villa Rose ou villa des SirènesPornichetInscrite (arrêté du 19 septembre 2002)7,9 ha (40,2 ha avec la partie située dans le SPR)

Liste des servitudes du PLU (p. 3) et base Mérimée ; surfaces calculées par nos soins sur les périmètres du Géoportail de l'urbanisme.[22][23][8]

« La protection au titre des abords n'est pas applicable aux immeubles […] situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable. »[24] Hors du SPR, les abords couvrent, faute de périmètre délimité, les immeubles visibles du monument ou visibles en même temps que lui, à moins de 500 m ; l'accord de l'ABF et le délai majoré s'y appliquent de la même façon.[24][25][6]

Questions fréquentes

Comment savoir si mon terrain est dans le SPR ?

Dans le PLU, les secteurs du SPR portent l'indice « SPR » (UD - SPR, UBa - SPR…), et le Géoportail de l'urbanisme publie la servitude AC4bis du PVAP.[26][8] Le pré-diagnostic de ce site lit les deux pour votre adresse. La protection de votre maison, elle, se lit sur le plan réglementaire du PVAP.[11]

Peut-on démolir une villa dans le SPR ?

Une construction protégée ne peut pas être démolie. Un immeuble non protégé peut être démoli et remplacé : il faut un permis de démolir, et la construction qui le remplace suit les règles des constructions neuves.[3][14]

Le PVAP règle-t-il l'intérieur des maisons ?

Non : dans un SPR doté d'un PVAP, l'autorisation porte sur les parties extérieures des immeubles, second œuvre compris, et sur les immeubles non bâtis ; seuls les éléments intérieurs protégés par un plan de sauvegarde et de mise en valeur sont visés à l'intérieur.[4]

Que faire si l'ABF refuse son accord ?

Reprendre le projet d'après ses prescriptions motivées, ou saisir le préfet dans les 2 mois qui suivent le refus, éventuellement avec un médiateur.[21] Nous préparons l'un ou l'autre ; un recours se fonde sur le règlement du PVAP lui-même.

Voir aussi

Sources consultées (26)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.