TrilateralArchitecte à La Baule-Escoublac
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Agrandir sa maison à La Baule

Une pièce sur le jardin, une cuisine agrandie, une chambre de plus pour l'été : ce que demande une extension à La Baule, selon la zone du PLU, le site patrimonial remarquable et le PPRL.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Carte postale ancienne : villas à pignons et lucarnes ouvragées derrière des murets et des grilles, le long d'un boulevard où marchent quelques passants.
Le boulevard Darlu et ses villas : murets bas, grilles et pignons sur la mer (carte postale ancienne).Carte postale, éditions Lévy et Neurdein réunis (marque LL), domaine public, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

En zone urbaine du PLU, une extension de plus de 5 m² et d'au plus 40 m² relève de la déclaration préalable, au-delà du permis de construire ; au-delà de 20 m², le permis redevient obligatoire si la surface de plancher totale dépasse ensuite 150 m².[1][2] En zone agricole ou naturelle, dont les secteurs Ah et Nh, le permis commence au-delà de 20 m² et le PLU limite l'extension à 20 % d'emprise au sol.[2][3] L'emprise au sol est de 35 % en UD, 40 % en UBa, et 65 % des surfaces libres restent en pleine terre ; dans le site patrimonial remarquable, le PVAP fixe en plus l'aspect et la hauteur.[3][4]

5 à 40 m²Déclaration préalable en zone urbaine
20 m²Seuil du permis en zone agricole ou naturelle (Ah, Nh)
65 %Des surfaces libres en pleine terre, en UD et en UB
2Nouveaux volumes au plus sur une maison existante, hors SPR

Quelle autorisation pour votre extension

Les seuils se lisent sur la surface créée, surface de plancher ou emprise au sol. Ils dépendent de la zone : la plupart des maisons de La Baule sont en zone urbaine, mais celles des hameaux en Ah ou Nh sont en zone agricole ou naturelle.[1][2][5]

Surface créée par l'extension, en zone urbaine du PLU
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change, ce qui est presque toujours le cas dans le SPR
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Déclaration préalablepermis si le total dépasse 150 m² de surface de plancher
  4. 40 m²Permis de construire

Le seuil se lit sur la surface de plancher ou l'emprise au sol créée. Une construction nouvelle détachée de la maison suit d'autres seuils (20 m²).[1][2]

Extension d'une maison située en zone agricole ou naturelle (Ah, Nh…) du PLU
  1. 0 m²Pas d'autorisation pour la surfacemais déclaration préalable si l'aspect extérieur change
  2. 5 m²Déclaration préalable
  3. 20 m²Permis de construire

Hors des zones urbaines d'un PLU, le permis est exigé dès que les travaux créent plus de 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol.[2][1]

Ce que dit le texte — code de l'urbanisme, article R*421-14, a et b

« a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; […] »

[2]
Trois exemples en zone urbaine
Maison avant travauxExtensionTotal aprèsAutorisationArchitecte
90 m²18 m²108 m²Déclaration préalableNon obligatoire
120 m²35 m²155 m²Permis de construireObligatoire
100 m²45 m²145 m²Permis de construireNon obligatoire

Calculs faits d'après les seuils des fiches officielles.[1][6] Une extension accolée modifie en général l'aspect extérieur, ce qui suffit à exiger une déclaration, même sous 5 m².[1][7]

Les règles du PLU à La Baule

L'autorisation n'est accordée que si l'extension respecte le règlement du secteur.[3]

Règles des secteurs de maisons de La Baule-Escoublac
SecteurEmprise au sol, pleine terreHauteurImplantation
UD - SPR
La pinède, secteurs des villas dans le site patrimonial remarquable (UD SPR1 et SPR2 ; UD SPR3, aux Roches Rouges : emprise de 60 %, alignement ou retrait de 2 m, 5 m des limites, p. 73 et 76)
35 % pour l'habitation, dont 5 % ou 30 m² pour les annexes (p. 76) ; 65 % au moins des surfaces hors emprise de la construction principale en pleine terre, un arbre de haute tige par tranche entamée de 100 m², ratio maintenu en cas de division (p. 84) ; au PVAP, plus contraignant, un arbre identitaire par tranche entamée de 80 m² de parcelle non construite (PVAP p. 72)Règlement du PVAP, secteur 1 « quartier des villas » : 7 m à l'égout et R+1+combles pour un toit en pente, 10 m à l'acrotère et R+1+attique en retrait de 2 m pour un toit-terrasse, sauf sous-secteurs 1-1 à 1-6 (PVAP p. 46-48). Les secteurs UD SPR2 (front de mer) et UD SPR3 (Roches Rouges) suivent les secteurs 2 et 3 du PVAP (p. 77)4 m de l'alignement, puis bande de constructibilité de 20 m, piscines et terrasses exceptées (p. 73) ; retrait de 3 m des limites latérales, ou sur une limite au plus : accolé au voisin sur ¾ du linéaire, ou 3,50 m de haut et 10 m de long sur la limite (p. 74-75)
UD
Secteurs des villas, hors site patrimonial remarquable
35 % pour l'habitation, dont 5 % ou 30 m² pour les annexes (p. 76) ; 65 % des surfaces hors emprise de la construction principale en pleine terre, un arbre de haute tige par tranche entamée de 80 m² (p. 84)7 m à l'égout et R+1+combles, ou 10 m à l'acrotère et R+1+attique en retrait de 2 m (p. 77)4 m de l'alignement (p. 72-73) ; 3 m des limites latérales, ou sur une limite au plus, dans les mêmes conditions qu'en UD - SPR (p. 74-75)
UBa - SPR
Pavillonnaire, dans le secteur 1 du site patrimonial remarquable
35 %, dont 5 % pour les annexes (p. 45) ; 65 % de pleine terre hors emprise de la construction principale, un arbre par tranche entamée de 100 m² (p. 52)Règlement du PVAP, secteur 1 « quartier des villas » : 7 m à l'égout et R+1+combles pour un toit en pente, 10 m à l'acrotère et R+1+attique en retrait de 2 m pour un toit-terrasse, sauf sous-secteurs 1-1 à 1-6 (PVAP p. 46-48) (p. 45)5 m de l'alignement et bande de constructibilité de 20 m (p. 41) ; en retrait de 3 m ou sur une ou plusieurs limites latérales (p. 43)
UBa
Pavillonnaire de densité moyenne : le Guézy, Escoublac, Beslon-Floralies
40 %, dont 5 % pour les annexes (p. 45) ; 65 % de pleine terre hors emprise de la construction principale, un arbre par tranche entamée de 100 m² (p. 52)7 m à l'égout et R+1+combles, ou 10 m à l'acrotère et R+1+attique en retrait de 2 m (p. 46)5 m de l'alignement (p. 41) ; en retrait de 3 m ou sur une ou plusieurs limites latérales, accolé au voisin sur ¾ du linéaire ou 3,50 m de haut et 10 m de long (p. 43)
UBc
Pavillonnaire peu dense, en limite des zones rurales
40 %, dont 5 % pour les annexes (p. 45) ; 65 % de pleine terre, un arbre par tranche entamée de 100 m² (p. 52)7 m à l'égout et R+1+combles, ou 10 m à l'acrotère (p. 46)5 m de l'alignement (p. 41) ; en retrait de 3 m ou sur une limite latérale au plus (p. 43)
UBd
Pavillonnaire peu dense du coteau de Tréméac
30 %, dont 5 % pour les annexes (p. 45)3,50 m à l'égout et R+combles, ou 6,50 m à l'acrotère et R+attique (p. 46-47)5 m de l'alignement (p. 41) ; en retrait des limites latérales, 3 m au moins (p. 43)
UAd
Bourg d'Escoublac et partie du centre du Guézy
45 % pour l'habitation, 60 % avec commerce, bureau, artisanat ou hôtel (p. 26) ; 30 % des surfaces hors emprise de la construction principale en pleine terre (p. 33)7 m à l'égout et R+1+combles, ou 10 m à l'acrotère (p. 28)Façade sur rue à 5 m de l'alignement, entre 0 et 5 m avenues Bertho et Jean-Sohier (p. 21) ; en retrait de 3 m, ou sur la limite contre un voisin bâti ou avec 3,50 m de haut (p. 24)
UG
Hameaux constitués, sans extension de l'urbanisation au sens de la loi Littoral
20 % (p. 101)4 m à l'égout et R+combles (p. 101)5 m de la voie (p. 99) ; 4 m des limites pour une construction nouvelle, aucune construction autre qu'une annexe dans les zones non aedificandi du plan (p. 99)

Règlement écrit du PLU, modification n° 3 du 28 juillet 2023, et règlement du PVAP révisé le 19 décembre 2025, lu le 28 octobre 2026 ; pages entre parenthèses.[3][4] Dans le site patrimonial remarquable, l'aspect, les hauteurs et les plantations relèvent du PVAP ; en cas de règles différentes, la plus contraignante s'applique.[3][4]

  • Une maison non conforme. Quand une construction existante ne respecte pas le PLU, une autorisation n'est accordée que pour des travaux qui améliorent sa conformité ou qui sont sans effet à son égard (règlement du PLU, p. 8-9, vérifié le 28 octobre 2026). En UD et en UB, une extension peut toutefois se faire dans le prolongement d'une maison mal implantée, dans les conditions du règlement (règlement du PLU, p. 42-44, 74-75, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Deux volumes au plus. Hors du SPR, en UD et en UB, une maison existante à l'approbation du PLU reçoit au plus deux nouveaux volumes, dont un seul à l'avant ou sur les côtés ; l'extension reprend la logique de la maison ou affiche un parti contemporain avec un volume de transition (règlement du PLU, p. 49, 80, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • La pleine terre. Un sol où les racines « puissent s'enfoncer sans limite » ; les revêtements perméables ne comptent que pour 25 % de la surface exigée (règlement du PLU, p. 10-11, vérifié le 28 octobre 2026).[3]
  • Le stationnement. Aucune place supplémentaire pour l'extension d'une maison, sauf création d'un logement (règlement du PLU, p. 50, 82, vérifié le 28 octobre 2026).[3]

Dans le site patrimonial remarquable

Le PVAP traite toute extension comme une construction neuve. Elle présente « un aspect harmonieux avec l'édifice existant, soit en utilisant les mêmes éléments architecturaux, soit en exprimant leur complémentarité ou leur différence », contemporaine ou dans la typologie de la villa, avec « le plus grand soin » pour la jonction (règlement du PVAP, p. 41-43, vérifié le 28 octobre 2026).[4]

  • Sur une villa protégée, l'extension ne doit effacer ni l'équerre des villas en « L », ni la symétrie d'une façade, ni la silhouette d'une villa néo-bretonne ou néo-basque ; elle peut être refusée sur un édifice conçu comme un « objet fini » (règlement du PVAP, p. 42-43, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Jardins d'hiver et verrières : verre et métal, un tiers de la façade au plus (règlement du PVAP, p. 42-43, vérifié le 28 octobre 2026).
  • Les arbres : aucun travail à moins de 4 m, un arbre abattu remplacé ; les jardins et espaces libres protégés au plan restent inconstructibles (règlement du PVAP, p. 72-77, vérifié le 28 octobre 2026).[4][8]
Délais et ABF

Dans le SPR, la déclaration ou le permis passe par l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France, et le délai d'instruction est majoré d'un mois : 2 mois pour une déclaration, 3 mois pour le permis d'une maison.[9][10]

Submersion, sol et énergie

En zone de submersion. Dans une zone bleue ou violette du PPRL, l'extension d'une maison peut atteindre la plus grande de deux surfaces : 30 % de l'emprise existante, ou ce qui porte l'emprise cumulée à la moitié de la partie submersible du terrain ; ses niveaux sont au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm, sauf impossibilité justifiée, sans sous-sol. En zone rouge R, 25 m² d'emprise au plus.[11] Voir le guide de la submersion marine.

Le sol. Toute fouille ou tout sous-sol demande une étude piézométrique, et les eaux pluviales sont gérées sur le terrain.[3]

RE2020. Une extension est soumise à la réglementation environnementale sur sa seule partie nouvelle : moins de 50 m², des exigences de moyens, élément par élément ; de 50 à moins de 80 m², des exigences allégées ; à partir de 80 m², la RE2020 complète.[12][13] L'assurance dommages-ouvrage se souscrit avant le début des travaux.[14]

Cas type : 25 m² en zone UBa

Terrain de 600 m² en UBa, hors SPR et hors PPRL ; maison de 130 m² d'emprise au sol et de 110 m² de surface de plancher
Emprise maximale (40 %)
240 m²
Emprise après extension
130 + 25 = 155 m² : conforme
Pleine terre exigée (65 % de 600 − 155)
290 m² au moins
Surface de plancher après travaux
110 + 25 = 135 m² : déclaration préalable
Prix du dossier
900 € + 5 m² × 35 € = 1 075 €

Cas type calculé d'après les articles UB 9 et UB 13 (p. 45 et 52) et la grille de prix ; le supplément s'applique aux mètres carrés au-delà de 20 m². En UD - SPR, la même extension demanderait en plus l'accord de l'ABF.[3][9]

Questions fréquentes

Une extension de 30 m² à La Baule demande-t-elle un permis ?

En zone urbaine, en principe non : c'est une déclaration préalable, sauf si la surface de plancher totale dépasse 150 m² après travaux.[1] En Ah ou Nh, 30 m² demandent un permis.[2]

L'architecte est-il obligatoire pour une extension ?

Seulement si l'extension relève du permis et que la surface de plancher dépasse 150 m², ou si une société dépose le permis ; jamais pour une déclaration préalable.[6] Dans le SPR, un dossier dessiné avec soin reste le meilleur moyen d'obtenir l'accord de l'ABF.[4]

Peut-on construire en limite de propriété ?

En UD et en UBa, sur une limite latérale, à condition de s'adosser au voisin sur les trois quarts du linéaire, ou de rester à 3,50 m de haut sur 10 m de long au plus ; en UBc sur une seule limite, en UBd jamais.[3] Les distances civiles de vue s'appliquent en plus.[15]

Faut-il une étude thermique pour une petite extension ?

Sous 50 m² de surface de référence, la RE2020 impose des exigences de moyens, élément par élément, sans calcul complet.[12]

Voir aussi

Sources consultées (15)

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