TrilateralArchitecte à La Baule-Escoublac
  1. Accueil
  2. Guides
  3. Submersion marine

Construire en zone de submersion marine à La Baule (PPRL)

Une partie de La Baule est exposée à la submersion marine et la plage au recul du trait de côte : le plan de prévention des risques littoraux s'impose à chaque projet, en plus du PLU et du PVAP.

Mis à jour le
par Quentin Piepszownik, architecte

Une vague qui déroule dans la baie au coucher du soleil, le sable en premier plan et une ligne de côte basse à l'horizon.
Une vague dans la baie, entre Pornichet et La Baule, en décembre 2016.Photo Aubron Jules, CC BY 3.0, recadrée, Wikimedia Commons
La réponse courte

Le plan de prévention des risques littoraux (PPRL) de la presqu'île guérandaise – Saint-Nazaire couvre les parties de La Baule-Escoublac exposées à la submersion marine ou à l'érosion côtière.[1] Il vaut servitude d'utilité publique et il est annexé au PLU.[2][3] Dans les zones bleues et violettes, une maison peut être construite ou agrandie si tous ses niveaux fonctionnels sont au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm, sans sous-sol, et si l'emprise au sol cumulée ne dépasse pas la moitié de la partie submersible du terrain (règlement du PPRL, p. 23, 27 et 30, vérifié le 28 octobre 2026).[1] Dans les zones rouges et orange, une maison ne s'agrandit qu'à la marge.

114 haEnveloppe de submersion du PPRL dans la commune, d'après notre calcul
+ 60 cmAu-dessus des niveaux de Xynthia : la cote de conception des projets
50 %De la partie submersible du terrain : emprise au sol cumulée maximale en zone bleue
3Arrêtés de catastrophe naturelle pour chocs mécaniques des vagues, dont Xynthia en 2010

Le plan de prévention des risques littoraux

Le PPRL de la presqu'île guérandaise – Saint-Nazaire couvre huit communes, dont La Baule-Escoublac. Il a été approuvé par arrêté préfectoral du 13 juillet 2016, rectifié le 31 mars 2017, et annexé au PLU par arrêté du maire du 16 mai 2017.[1][3][4] Il prend en compte deux aléas de submersion : l'aléa de référence, « niveaux atteints par un événement de type Xynthia augmentés de 20 centimètres », et l'aléa à l'échéance 2100, augmenté de 60 centimètres « afin d'intégrer l'élévation possible du niveau de la mer » ; l'érosion est celle du recul estimé du trait de côte à l'horizon 2100 (règlement du PPRL, p. 5-6, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

D'après notre calcul sur les couches du Géoportail, l'enveloppe des zones de submersion couvre environ 114 ha de la commune, à plus de 90 % à l'ouest de la mairie, entre le port et le centre, surtout en zones UD et UD - SPR du PLU, et sur la plage ; l'enveloppe d'érosion, environ 16 ha, est presque entièrement sur la plage.[5][6] La commune a fait l'objet de huit arrêtés de catastrophe naturelle, dont trois pour « chocs mécaniques liés à l'action des vagues » : en janvier 2001, en février 2010 lors de Xynthia, et à l'hiver 2013-2014.[7]

Les zones du PPRL
ZoneCouleur sur la carteCe qu'elle recouvre
ErcHachures vertesSecteurs touchés par l'érosion côtière à l'horizon 2100
BCOrangeBande de précaution derrière les ouvrages de protection ou les cordons dunaires, et secteurs exposés aux chocs des vagues
RRouge foncéAléa fort ou très fort pour Xynthia + 20 cm
rRouge clairSecteurs non aménagés, aléa modéré ou faible pour Xynthia + 20 cm, champ d'expansion des submersions
bBleu clairSecteurs déjà urbanisés, aléa modéré ou faible pour Xynthia + 20 cm
R100Quadrillé rouge foncéSecteurs non aménagés, non submersibles pour Xynthia + 20 cm, aléa fort ou très fort pour Xynthia + 60 cm
B100Quadrillé bleu foncéSecteurs urbanisés, non submersibles pour Xynthia + 20 cm, aléa fort ou très fort pour Xynthia + 60 cm
v100Quadrillé violetSecteurs non submersibles pour Xynthia + 20 cm, aléa modéré ou faible pour Xynthia + 60 cm

(règlement du PPRL, p. 6, vérifié le 28 octobre 2026) La zone d'une parcelle et la cote de référence de son secteur se lisent sur la carte réglementaire et l'annexe des niveaux marins du PPRL : nous les relevons pour chaque terrain. Quand l'érosion se superpose à une autre zone, ce sont ses règles qui s'imposent (règlement du PPRL, p. 8, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Le port d'échouage à marée basse, des voiliers au mouillage, la plage qui file vers la gauche et la ville au loin.
Le port d'échouage de Pornichet, à l'extrémité est de la baie : la plage se prolonge au loin jusqu'à La Baule.Photo Gzen92, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Construire ou agrandir une maison : les règles par zone

Ce que le PPRL admet pour une maison
ZoneMaison neuveExtension d'une maison existantePage
b, B100, v100Admise : tous les niveaux fonctionnels au-dessus de Xynthia + 60 cm, sous-sol interdit, emprise au sol cumulée au plus égale à 50 % de la partie submersible du terrainLa plus grande de deux surfaces : 30 % de l'emprise du bâtiment existant, ou ce qui porte l'emprise cumulée à 50 % de la partie submersible ; niveaux fonctionnels au-dessus de Xynthia + 60 cm, sauf impossibilité justifiée ; sous-sol interdit23, 27, 30
RInterdite25 m² d'emprise au sol au plus, sans logement supplémentaire ; une surélévation ne crée pas plus de 25 m² de surface de plancher ; espace refuge à créer si les niveaux ne peuvent pas être surélevés ; changement de destination ou reconstruction sans augmenter l'emprise au sol ni la surface de plancher8, 17
BCInterditeExtension, y compris par surélévation, d'un logement de plain-pied pour créer un espace refuge, limitée à 25 m² de surface de plancher8, 16
ErcInterditePas d'extension ; changement de destination ou reconstruction sans augmenter l'emprise, la surface de plancher ni les locaux à sommeil13-14
r, R100Implantation de nouveaux enjeux « fortement » limitée : champ d'expansion des submersionsSelon le chapitre II du règlement19-22

(règlement du PPRL, p. 8 à 30, vérifié le 28 octobre 2026) Les annexes d'une maison existante, en zone bleue ou violette, entrent dans la même limite de 50 % ; une annexe transformée plus tard en logement doit voir son premier niveau rehaussé au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm (p. 27). En zone BC, une annexe neuve d'une maison existante est limitée à 9 m² d'emprise au sol ; en zone R, à 25 m² par projet, sans transformation ultérieure en logement (p. 11-12). Les valeurs maximales s'apprécient en cumulant les projets successifs (p. 7).[1]

Coupe de principe d'une maison dans l'enveloppe du plan de prévention des risques littoraux À gauche, la mer ; deux lignes horizontales marquent les cotes de référence Xynthia + 20 cm et Xynthia + 60 cm au-dessus du terrain. La maison, sans sous-sol, a son premier plancher au-dessus de la cote + 60 cm ; sa hauteur se mesure depuis le terrain rehaussé jusqu'à la cote, dans la limite d'un mètre. À droite, une clôture ajourée laisse passer l'eau. Les numéros renvoient à la légende. Xynthia + 20 cm Xynthia + 60 cm 7 m 1 2 3 4 5
  1. 1La mer et le terrain naturel : à La Baule, l'enveloppe de submersion du PPRL couvre surtout des terrains bas de l'ouest de la commune, entre le port et la mairie, et la plage.
  2. 2Les cotes de référence Xynthia + 20 cm et Xynthia + 60 cm, lues pour la parcelle sur les cartes du PPRL : les mesures de conception se calent en principe sur la seconde.
  3. 3Le premier niveau fonctionnel au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm ; les sous-sols sont interdits.
  4. 4La hauteur du PLU : mesurée depuis le terrain naturel rehaussé jusqu'à la cote Xynthia, dans la limite d'un mètre (7 m à l'égout en UD).
  5. 5Une clôture « transparente » : au moins les deux tiers de sa surface immergée par l'aléa Xynthia + 60 cm sont ajourés.

Schéma de principe : hauteurs d'eau choisies pour l'exemple. D'après le règlement du PPRL (p. 8, 23, 27 et 46 du règlement) et le règlement du PLU (p. 77).[1][8]

La hauteur du PLU. En zone UD, la hauteur « s'entend à partir du terrain naturel avant travaux à l'exception des zones concernées par le PPRL pour lesquelles le terrain naturel est rehaussé de la cote Xynthia + 20 ou +60 dans la limite maximum de 1 m » ; la règle vaut aussi dans le SPR (règlement du PLU, p. 77, vérifié le 28 octobre 2026). Et le PLU prévoit que les dispositions sur les matériaux, les ouvertures en toiture et les clôtures « ont vocation à être adaptées dans les zones du PPRL », ce qui « prévaut également sur le règlement du SPR » (règlement du PLU, p. 78, vérifié le 28 octobre 2026).[8]

Les mesures de conception imposées

Tout projet autorisé est conçu pour ne pas gêner l'écoulement, ne pas polluer et limiter la vulnérabilité, pour l'aléa Xynthia + 60 cm (règlement du PPRL, p. 38-39, vérifié le 28 octobre 2026) :[1]

  • Pas de remblai, sauf le terre-plein des constructions, le raccordement au terrain naturel et, sur une même unité foncière, des mouvements de terre sans apport extérieur dans la limite de 400 m³ ; parkings et aires de stationnement au niveau du terrain naturel.
  • Vide sanitaire ventilé, vidangeable ou conçu pour réduire la rétention d'eau, non transformable, accessible par une trappe de 0,60 × 0,60 m au moins.
  • Réseaux : clapets anti-retour, électricité en pose descendante, prises, tableaux et coffrets hors d'eau ; équipements sensibles au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm.
  • Matériaux non putrescibles et hydrofuges sous la cote ; menuiseries et volets peu vulnérables à l'eau ; portes de garage et volets roulants à commande manuelle.
  • Piscine : margelles signalées par un marquage visible au-dessus de la cote ; clôtures « présentant une transparence hydraulique » : les deux tiers au moins de la surface immergée sont ajourés (règlement du PPRL, p. 27, 46, vérifié le 28 octobre 2026).[1]
Un dossier qui montre les cotes

Le règlement prévoit que les plans d'aménagement intérieurs peuvent être exigés à l'appui de tout permis ou déclaration préalable dans les zones où les locaux à sommeil sont encadrés (règlement du PPRL, p. 7, vérifié le 28 octobre 2026).[1] Nous faisons figurer sur les plans et les coupes la cote de référence du secteur, le niveau du terrain et celui de chaque plancher.

Maisons existantes : les travaux imposés

Pour les biens existants dans les zones submersibles pour l'aléa Xynthia + 20 cm, le PPRL a rendu obligatoires, dans un délai de cinq ans à compter de son approbation, et par ordre de priorité (règlement du PPRL, p. 40-41, vérifié le 28 octobre 2026) :[1]

  • en zones R et BC, un espace refuge dans chaque logement de plain-pied dont le premier niveau est sous la cote Xynthia + 20 cm : au moins 6 m² plus 1 m² par tranche entière de 25 m² de surface de plancher, plus de 1,80 m sous plafond, une ouverture de 1 × 1 m pour les secours (règlement du PPRL, p. 47, vérifié le 28 octobre 2026) ;
  • la mise hors d'eau des coffrets et tableaux électriques, des chaudières, des cuves et des groupes électrogènes ;
  • des batardeaux de moins de 80 cm sur les ouvrants situés sous la cote, quand la configuration s'y prête, avec capots amovibles et clapets anti-retour.

Ces travaux sont subventionnés pour les particuliers, résidence principale ou secondaire, à 40 % de leur montant, lui-même plafonné à 10 % de la valeur vénale du bien ; la demande se fait auprès de la DDTM avant les travaux, qui ne commencent qu'après la notification de la subvention (règlement du PPRL, p. 40, vérifié le 28 octobre 2026).[1] Un appartement en rez-de-chaussée dont les occupants peuvent rejoindre des parties communes surélevées est réputé disposer d'un espace refuge.[1]

À la vente ou à la location, le vendeur ou le bailleur informe l'acquéreur ou le locataire des risques du PPRL (règlement du PPRL, p. 7, vérifié le 28 octobre 2026).[1] La commune est aussi couverte par les programmes de prévention du littoral de CAP Atlantique.[9]

La plage vide le long du remblai : garde-corps blanc, un poste de surveillance sur pilotis, la mer grise et la courbe de la baie.
La plage le long du remblai, en mai 2020.Photo Franzrycou, CC BY-SA 4.0, recadrée, Wikimedia Commons

Cas type : agrandir une maison en zone bleue, en UD

Terrain de 600 m², entièrement en zone b du PPRL et en zone UD du PLU ; maison existante de 150 m² d'emprise au sol
PPRL, 30 % de l'emprise existante
45 m²
PPRL, emprise cumulée à 50 % de la partie submersible
300 − 150 = 150 m²
Extension admise par le PPRL : la plus grande des deux
150 m²
PLU, emprise au sol de 35 % en UD
210 − 150 = 60 m²
Extension possible : la règle la plus stricte
60 m² d'emprise au sol

Calcul de principe d'après le règlement du PPRL (p. 30) et l'article UD 9 du PLU (p. 76). Le plancher de l'extension se place au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm du secteur, sans sous-sol ; dans le SPR, le PVAP fixe en plus l'aspect et la hauteur.[1][8][10]

Questions fréquentes

Comment savoir si mon terrain est dans le PPRL ?

Le pré-diagnostic interroge Géorisques à votre adresse et le Géoportail de l'urbanisme, qui publie l'enveloppe du PPRL comme servitude.[11][5] La zone exacte et la cote de référence se lisent ensuite sur la carte réglementaire du PPRL, annexée au PLU.[1]

Peut-on faire un sous-sol ou un garage enterré ?

Non, dans toutes les zones du PPRL : la création de sous-sols, de parkings souterrains et les décaissements pour des parkings semi-enterrés sont interdits.[1]

Ma maison est en zone rouge : puis-je l'agrandir ?

Un peu : aucune maison neuve n'y est admise, et l'extension d'une maison existante se limite à 25 m² d'emprise au sol, sans logement supplémentaire ; par surélévation, elle n'ajoute pas plus de 25 m² de surface de plancher. Ses niveaux se placent au-dessus de la cote Xynthia + 60 cm, sauf impossibilité justifiée ; à défaut, l'extension doit créer un espace refuge (règlement du PPRL, p. 17, vérifié le 28 octobre 2026).[1]

Le PPRL allonge-t-il le contrôle après travaux ?

Oui : dans le périmètre d'un plan de prévention des risques naturels, le récolement des travaux est obligatoire, et la mairie dispose de 5 mois au lieu de 3 pour contester la conformité après la déclaration d'achèvement.[12][13]

Voir aussi

Sources consultées (13)

Votre projet commence par une adresse

Le pré-diagnostic lit les bases publiques pour votre parcelle ; l'architecte vous répond ensuite par email.

Gratuit et sans engagement.